Confiance en soi - ça veut dire quoi ?
Avoir confiance en moi, ça veut dire quoi ?
Lorsque j’ai reçu, il y a quelques mois, la demande de traiter la question de la confiance en soi par l’hypnose dans le cadre de mes programmes audio, j’étais, je dois l’avouer, un peu partagée.
Pourquoi ?
Parce que cette notion, au fond, je ne la comprends pas.
Intellectuellement, je la comprends un peu ; je comprends l’idée qu’on puisse avoir, ou pas, de l’assurance, et que cette assurance soit un atout dans la vie. Je comprends l’idée que les liens sociaux, ou la socialisation profite d’une certaine assurance lorsqu’au contraire, quelqu’un se sentirait timide, ou nul, ou inadéquat, et que cette souffrance soit identifiée comme le problème à régler.
Je comprends également que l’on vive cette mauvaise image de soi et cette dévalorisation interne permanente comme un frein majeur dans la vie : en me dévalorisant, non seulement je me fatigue, mais je passe à côté d’opportunités, j’empêche des connexions fécondes, des rencontres fortuites, et mon quotidien se transforme en combat contre moi-même.
Tout cela, je le comprends, je le perçois et le retrouve dans mon activité.
Ce que je ne comprends pas, c’est l’idée selon laquelle la « confiance en soi » serait quelque chose comme un genre d’estime de soi à augmenter à l’intérieur de soi, en passant par de la conscientisation de sa propre valeur - la méthode Coué du « je ne suis pas si mal, j’ai quand même réussi des trucs, et puis je suis quelqu’un de bien, etc. etc. »
Là, je dois dire, je ne marche plus.
Parce que si la solution constituait en un « motivational speech » à l’intérieur de soi, Mesdames et Monsieur, je n’aurais plus de travail, et le monde se porterait fort bien (ou pas ?)
Alors oui, je suis de ceux et celles qui aiment les solutions aux problèmes. Mais que l’on ne me serve pas de mirages et de diversions à des questions infiniment profondes comme celle de l’amour que l’on a ou pas pour ce que l’on est, celle de l’accueil ou pas de blessures fondamentales qui nous donnent le sentiment d’avoir été cassé, sali, trahi, celle du chemin de sagesse qu’il est nécessaire de faire pour devenir petit à petit son propre ami, et par lequel nous sommes tous concernés.
Voyons bien, par l’angle de l’hypnose, que notre conscient n’est pas fait de telle manière qu’il puisse résoudre à lui tout seul les angles morts qu’il ne voit pas.
Le principe :
Ma vie, mon intelligence inconsciente, ma vibration, ce que je suis = énormissime
Ma conscience rationalisante = une micro-partie de cet énormissime
Voyez-vous la moindre possibilité pour moi, qu’en déterminant un ensemble d’émotions comme étant un « manque d’estime de moi » et en passant en force par l’auto-persuasion positive, je puisse ainsi dénouer des noeuds de profondeur présents dans mon champs énergétique - peut-être depuis mon enfance -, toucher aux émotions qu’il me faudrait toucher pour pouvoir les intégrer, renouer avec moi ?
Non, soyons sérieux.
Il y a un chemin d’amour ou il n’y a rien. Et ce chemin d’amour est le propre de la démarche spirituelle, de la démarche thérapeutique (entre autres), il est un chemin central de la vie humaine, tout le monde en parle depuis toujours, et il ne se parcoure pas à coup d’injonctions positivistes agressives et de défis de fitness ; il s’appréhende avec courage et il demande parfois des années à fleurir pleinement dans le jardin du quotidien.
Alors voici ma proposition : plutôt que de chercher des solutions au mauvais endroit, soyons un peu plus doux et intelligents : regardons ce que nous dit vraiment notre coeur, notre corps et notre vie. Et allons chercher, au bon endroit si nous le souhaitons, l’aide que nous méritons.