Hypnose et chamanisme

Copie de Marie Duboule - square.png

Dans un article de 2009, Stanley Krippner, anthropologue émérite américain, soulève quelques parallèles évidents entre la pratique occidentale de l’hypnose et le chamanisme traditionnel de différentes régions du monde.

En réalité, la majorité des sociétés humaines intègrent les états de transe comme une composante essentielle de la vie quotidienne, comme l’attestent les propos rapportés d’une étude de 1977 :

“For example, Bourguignon and Evascu (1977) read ethnographic descriptions of 488 different societies, finding that 89% were characterized by socially approved alterations of consciousness.” *

*Pour l’exemple, Bourguignon et Evascu (1977) lisent les descriptions ethnographiques de 488 sociétés différentes, réalisant que 89% d’entre elles étaient caractérisées par l’approbation sociale des états modifiés de conscience.

Il note, entre autre, que les activités de type hypnotique sont “complexes et interactives”, et prennent de fait différentes formes dans différentes cultures, tout en présentant des points communs.

Les deux points communs que je retiens aujourd’hui sont les suivants :

Dans les philosophies traditionnelles du monde entier, que l’on regroupe aujourd’hui sous le terme de “chamanismes”, l’être humain doit apprendre à connaître le monde qui l’accueille et à s’y comporter correctement. C’est cette connaissance qui lui permettra de survivre, de se soigner, de protéger les siens, de contacter les dimensions invisibles qui régissent la vie terrestre.

L’hypnose, elle, repose sur l’utilisation de suggestions métaphoriques ou concrètes, permettant de réaliser en soi des mouvements invisibles qui changent le cours de la vie, parce qu’ils reconnectent à ce même monde.

nahil-naseer-xljtGZ2-P3Y-unsplash.jpg

Je pense, pour l’exemple, à une jeune fille effrayée par la perspective de la mort et du futur. La transe hypnotique nous amène dans un grand jardin, au centre duquel trône un olivier. La suggestion est simple : s’asseoir. Observer l’olivier. Ses feuilles tombent. Les bourgeons, éventuellement, renaissent.

Au retour d’une longue transe, étonnamment, la peur s’en était allée.

À défaut de vivre dans la jungle, et d’être quotidiennement brassés par les rythmes naturels, l’hypnose nous permet de contacter des mémoires profondes et réelles. Nous savons tous, quelque part, ce que l’olivier nous a appris ce jour-là.

Pour lire l’article de Stanley Krippner : ici !

Précédent
Précédent

Guérir le coeur et l’esprit

Suivant
Suivant

Confiance en soi - s’en sortir