L’intuition : ce qu’en disait François Roustang

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Pour entendre ce que François Roustang, grand hypnothérapeute et philosophe récemment disparu, associait à la notion d’intuition, il nous faut remonter à l’expression de « magnétisme animal ». 

Le magnétisme animal nous vient du médecin allemand Franz Anton-Mesmer, qui postulait l’existence d’un fluide énergétique universel, dont il était possible de faire usage thérapeutique. Nous sommes alors en 1773, et l’expression sera reprise par de nombreux médecins, philosophes et théoriciens de l’hypnose avant de disparaître de la scène médicale.  

Pourquoi animal ? Parce que l’on attribuait à la dimension animale de l’humain et à l’animal lui-même cette faculté d’agir en dehors de la réflexion, mais dans un mouvement instinctif et en accord avec le flux de la vie elle-même. Ce flux était considéré comme potentiellement guérisseur et porteur d’une intelligence particulière. 

Dans Savoir attendre, François Roustang nous dit ceci : 

« Tout ce que je peux dire, c’est que, dans ma pratique, c’est en faisant taire le souci de comprendre, en faisant même s’éteindre la pensée explicite, en se laissant aller à la confusion que l’on découvre une autre intelligence des êtres et des choses. » 

Plus loin, il nous dit encore : « Les gens intelligents qui restent cramponnés à ce qu’ils ont déjà compris finissent par ne plus rien comprendre à rien. Il faut repasser par l’idiotie pour accéder à l’intelligence. Pense à Dostoïevski, mais aussi encore à Faulkner dans Le Hameau, par exemple. » 

« Une autre intelligence des êtres et des choses » : voilà ce qui, pour François Roustang, constitue le coeur de l’expérience de l’hypnose. Il s’agit de redevenir idiot, de « penser avec les pieds », pour pouvoir enfin agir intelligemment. 

Je ne pourrais pas mieux résumer une séance d’hypnose. 

Cesser de penser, pour mieux sentir, et savoir où aller

Voilà l’intuition. 


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