Terence Mckenna et l’intuition
Voici les mots de Terence Mckenna qui résonnaient encore hier en moi, alors que je m’étais plongée plusieurs jours d’affilée dans ses conférences audios :
“ Intuition, how does it work ? Well, it’s a feeling into things, that comes to answers, and leaves no trail. ”
Autrement dit : l’intuition est « un sens des choses », qui mène à une réponse, mais ne provient pas d’un chemin. Impossible de retracer la déduction d’une intuition : elle semble apparaître, corporelle, immédiate, véridique - pour un peu que l’on y prête attention.
Même s’il est vrai que cette idée nous semble, en théorie, tout à fait pertinente, nous avons pourtant grand peine à en accepter la concrétude et l’omniprésence dans nos existences personnelles. Nous restons frileux face à l’intuition, pris dans la pensée dominante de « l’evidence-based » et du tout chiffrable, opposant avec douleur notre sixième sens à une approche plus raisonnable, fondée sur des arguments retraçables.
À cela, voici ce que répond Terence Mckenna :
“ L’intuition est toujours présentée, dans une société patriarcale, comme étant 1. Vague 2. Trop féminine 3. Peu fiable. ”
Il continue : “Mais c’est simplement ainsi à cause de ce biais quant aux systèmes de pensées inductifs et déductifs dont je viens de prouver l’inexactitude. (Cf interview) En réalité, dans le domaine du vécu de la vie, l’intuition est le mode avec lequel la plupart d’entre nous, y compris ceux qui se définissent comme les moins intuitifs, fonctionnons. (…) Les mathématiques fondamentales se fondent sur l’intuition.”
Alors, que pouvons-nous faire pour nous laisser un espace de liberté supplémentaire ? Celui de, par exemple, parier plus souvent sur l’intelligence de notre corps plutôt que sur celle de nos déductions logiquement alambiquées.
Il n’y a rien à ajouter, si ce n’est prendre le temps de reconsidérer nos conditionnements socio-culturels vis-à-vis de la connaissance et du savoir, dans un temps où les sciences exactes finissent par nous laisser perplexes dans leur aptitude à penser l’existence humaine et ses enjeux.
Mort à l’orée du printemps de l’an 2000, il était un ethnobiologiste et mystique américain qui passa toute son existence à cultiver une curiosité sans failles pour la vie sur terre, dans un refus quasi systématique de la pensée convenue et automatique.
Formulateur entre autres d’une théorie sur la nature du temps, et dédiant sa vie à l’étude de l’impact des substances hallucinogènes sur la dimension spirituelle de l’être humain, Terence Mckenna était connu pour son ouverture sur les cultures traditionnelles chamaniques, mais également les sciences occidentales, la philosophie, la métaphysique, la technologie et l’écologie.